Une sucrerie devenue distillerie en 1842
L'histoire commence sous le nom de la Jambette, du nom du cours d'eau qui traverse le domaine. En 1905, Henri Dormoy rachète l'habitation et la transforme en distillerie de rhum agricole. Dès 1906, une machine à vapeur fabriquée par Henri Marriol à Saint-Quentin est installée : c'est elle qui actionne encore aujourd'hui, à 360 chevaux, les trois moulins à canne. Quatre générations de Dormoy plus tard, Paul et son fils Franck dirigent l'une des toutes dernières distilleries familiales indépendantes de la Martinique.
Les cannes et le vesou
La distillerie cultive 62 hectares de canne sur la commune du Lamentin, complétés par des planteurs indépendants de l'île. Quatre à cinq variétés sont utilisées : la canne bleue (B.69.566), la canne roseau, la canne rouge, la zikak et la canne créole. Toutes sont coupées à la main, en longueur, pour préserver la fraîcheur du jus extrait, le vesou. La fermentation du vesou dure de 48 à 72 heures, bien au-delà de la norme AOC, dans des cuves inox thermorégulées.
Deux colonnes créoles, une seule logique
La distillerie possède deux colonnes créoles en cuivre : la première, entièrement en cuivre, date de 1957 ; la seconde, mixte cuivre et inox, a été installée en 1986. C'est en priorité la colonne historique de 1957 qui distille le rhum blanc L'Authentique. Le distillat sort entre 65 et 75 degrés, est réduit à 50 degrés avec de l'eau de source, puis brassé longuement avant mise en bouteille : cette étape distinctive explique la douceur caractéristique de la maison.